L'INDE

 
mercredi 12 janvier
L'Inde, Pascal Monteil

Le livre L'Inde aux éditions Filigranes est distribué en librairie, (librairie de Beaubourg par exemple, La Hune etc.), on peut également le commander à partir de n'importe quelle librairie ou par internet sur:

http://www.amazon.fr/

inscrire Pascal Monteil dans la recherche, et on arrive sur la page...

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vendredi 17 décembre
Le LIVRE est sorti cette semaine

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mardi 16 novembre
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jeudi 22 juillet
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AU REVOIR

Depuis une semaine je reporte le moment de clore le blog...

Je le laisserai ouvert et je reviendrai pour donner les informations de la suite artistique du séjour indien mais le séjour indien est terminé et je suis à Paris.

J'ai reçu ce matin des photos cybernétiques des enfants de Bishnupur (dans la jungle près de Calcutta), qui, sur l'ordinateur continuent à promener ma tête et celle de Parimala parmi les leurs, celle de Kali et les étangs et les lotus de Bishnupur, ça m'a fait énormément plaisir...

Le retour est âpre... heureux de retrouver mes amis, mais toute l'Inde me manque, l'odeur, le bruit, la chaleur, la pluie, le désordre, la lascivité et l'humanité de la rue... mais surtout les millions de choses qui font un indien...

Ce sentiment d'existence si fort ressenti en Inde m'a quitté en posant le pied à Paris.

Je sais que ce n'est pas le temps du voyage seulement qui était favorable à ce sentiment mais les qualités propres à chaque indien... et qui font l'Inde.

Je termine avec quelques photos de mes dernières heures à Bombay, Marine Drive vue d'en haut et au soleil couchant... puis je me suis amusé comme les explorateurs le font à la fin de leurs voyages à dessiner le cheminement de mes trois voyages indiens...  pour le plaisir surtout de me promener encore en Inde.

Heureusement les mois à venir vont être exclusivement consacrés à travailler avec tout les matériaux récoltés là-bas... qui vont peut-être me permettre de construire les images de l'Inde que je souhaite montrer, ni une Inde exotique, ni archaïque et misérable... mais une Inde de science-fiction démesurément humaine...

Je lis depuis mon arrivée "Je suis vivant et vous êtes morts" de Philip K. Dick. Je me disais que cela aurait pu produire quelque chose d'incroyable si Philip K. Dick avait posé le pied en Inde... mais je suis finalement assez heureux d'imaginer et de prendre le relais moi-même pour tenter d'en faire quelque chose...

Avant de dire au revoir, un grand merci à toutes les plumes et les yeux silencieux qui par le blog étaient avec moi pendant le voyage, ça m'a été infiniment précieux pour de multiples raisons.

Un grand merci aussi à Jérôme pour m'avoir donné les moyens de travailler de façon aussi exceptionnelle.

 

UN IMMENSE MERCI AUX INDIENS

 

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vendredi 16 juillet

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Je quitte l'Inde un 14 juillet !

Dernière journée à marcher dans Colaba pour m'imprégner de tout ce que je peux, monter en haut des terrasses pour embraser Bombay du regard… et stopper devant les gestes et les regards dont je suis devenu addict, et qui m'emplissent d'une tendresse dont j'ignorais même être capable. Je me fais l'effet d'un amant qui doit quitter la personne ou le lieu qu'il aime et qui a du mal à s'en remettre à sa destinée… j'essaye de saisir ce que je dois quitter ce soir. J'ai rarement eu la sensation d'agir à ce point dans le sens inverse de ma volonté. Tout ceci doit paraître bien sentimental pour ceux qui ne sont pas dans le même move que moi, bien que tout le monde ait éprouvé le refus intérieur de quitter quelqu'un.

Ca a été pénible de quitter Calcutta, mais j'étais encore en Inde… mais quitter l'Inde ce soir me semble tout à fait absurde.

Ce matin après avoir passé un peu plus de 2 heures à ranger mes 3 valises, j'ai voulu m'assurer que mon billet était bien au bon endroit. Dans la même chemise en carton depuis mon arrivée. Il n'y était pas… J'ai ré ouvert toutes les valises, cherché dans toutes les pochettes… sans succès. J'ai réfléchi où j'aurais pu avoir envie de le mettre, j'ai fouillé dans la poubelle et il était, plié au fond sans que j'ai le moindre souvenir de l'y avoir déposé… je ne pensais pas laisser à ce point, libre cours à des actes manqués pareils !

Dans le hall du Oberoi où j'ai déposé mes bagages j'ai rencontré Patrick qui sortait de chez le coiffeur. Il m'a conduit au dernier étage et j'ai mitraillé Marine Drive, derrière des vitres oranges… avec un point de vue qui est presque celui d'un avion.

…. (posté au retour)

J'ai téléphoné à l'Ambassade de France pour dire adieu à Radhika Jha, mais c'était un 14 juillet et je suis tombé sur le concierge… puis je me suis promené vers les docks pour voir le soleil orange se coucher sur les immeubles en bois des négociants du XIX s.… Je suis passé au bureau de Patrick, pour enfiler une nouvelle chemise verte achetée pour la réception de ce soir. Adriana était très élégante… nous nous sommes rendus au Oberoi ensemble. Dans une immense salle de réception tendue de guirlandes bleu blanc rouge, avec un orchestre au milieu, de succulents buffets sur les côtés, des saris et des robes d'archevêques autour de la piste de danse… j'y ai retrouvé le plupart des artistes et des personnes rencontrés ces derniers jours… quelques expatriés sympathiques, comme un iranien milliardaire marié à une française que la douceur de l'argent et de l'Inde a l'air de rendre heureuse… J'ai dit adieu à tout le monde, Adriana, Patrick et quelques douces connaissances indiennes m'ont accompagné devant le perron du Oberoi jusqu'au taxi. Nous avons remonté Marine Drive, Bandra … et toutes les rues que je prenais chaque jour dans le sens inverse pour me rendre dans le centre. Dans le taxi j'étais dans un tel état émotionnel, ruisselant de larmes, que le doux chauffeur, sans un mot, s'est arrêté devant une échoppe pour m'acheter une bouteille d'eau et une guirlande de fleurs de jasmin dont l'odeur a éclaté dans le taxi et qui est maintenant enroulée autour du Ganesh en pierre de ma bibliothèque.

My god, ces indiens !

A l'aéroport, l'enregistrement s'est passé vite et Lufthansa oblige je me suis retrouvé sans transition plongé dans une salle d'attente d'allemands de retour de Goa… qui hurlaient. Escale à 8 heure du matin à Frankfurt, j'ai eu la sensation d'arriver dans un pays en guerre tant les visages après n'avoir vu que des indiens après des mois font peur. Plus aucune lumière dans les yeux, des regards non pas agressifs mais tristes et apeurés… des visages écroulés et des rictus amers… Une vision à la George Grosz baignée de l'hystérie d'un lundi matin dans un aéroport d'Europe. Des gestes vulgaires et brusques et tout est atrocement propre autour… j'ai l'impression que tout est enseveli par le travail de la mort. Paris après Frankfurt c'est guère mieux. Je ne reconnais plus rien, j'ai l'impression que tout le monde est parti, qu'il s'est passé quelque chose de grave… j'essaye de ne pas exprimer tout ça, oralement aux personnes que je retrouve, mais je n'ai aucun plaisir à retrouver la France. Ni à ouvrir mes valises, je ne parviens rien à communiquer.

Il va me falloir chercher au plus profond de moi pour trouver des ressources de sens artistique et d'humour pour vivre sur ce mode. Cela ce n'est rien… mais retrouver l'agressivité des rapports et par là même devoir oublier tout ce que je m'étais promis de garder de douceur dans les rapports à mon retour, m'inspire bien de la désillusion…

Le marasme et la déconfiture de Calcutta, à y repenser d'ici sont irracontables... A Calcutta tout est perdu... C'est comme si l'enfer du monde s'y concentrait, mais par quel mystère , au coeur de cet enfer réel, avec des choses très tristes, je me suis senti si calme, si en paix et heureux... et j'ai travaillé et échangé naturellement ( à l'opposé d'un bonheur extatique )...  Je n'ai pas fini d'explorer le paradoxe...

Calcutta est loin et moi je me demande où je suis.

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mardi 13 juillet
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Hier après-midi, j'ai mangé une fondue au fromage et une fondue au chocolat. Après ça j'ai dû rester 17 heures allongé sur le dos, les yeux au plafond, le temps de digérer.

Pendant tout ce temps je me suis préparé mentalement au retour.

A 13 heures ce matin je suis sorti de ma chambre et j'ai repris un taxi pour Colaba. Pendant les17 heures précédentes, dans le noir, je m'étais projeté à Paris.

De retrouver l'Inde m'a fait l'effet d'un flash back et d'une surprise.

Dans le taxi, je  voyais tout avec énormément d'acuité. J'avais la sensation de tout revoir d'un oeil nouveau... La chaleur, la lumière crue, les ombres des palmiers, les auto-rickshaws comme des insectes, les chemises et les saris repassés et amidonnés dans le vent, les corps déhanchés et déliés, la paix sur les visagescalmes... et toutes les couleurs de peau cuivrées au soleil...

Si je suis prêt à arriver à Paris mais je ne suis pas prêt du tout à quitter l'Inde.       

Ce matin j'ai compté mes images et j'arrive aux alentours de 8000 images... à  24 images par seconde ça fait un film de guère plus que 5 mn !

J'ai oublié mes photos aujourd'hui, alors je publie quelques photos de Bollywood...

J'ai pas envie de partir !!!!!!! 

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lundi 12 juillet
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Beau week-end à Bombay. Mon dernier pour cette fois.

Après avoir posté le blog samedi, je suis allé retrouver mes camarades de fiesta, dans leur appartement à Malabar Hill. Ils m'ont servi un apéritif et j'ai photographié les aigles des tours du silence qui viennent se poser sur les toits.

Nous avions rendez-vous afin de nous rendre à un vernissage chez Aditya Ruia, une riche famille de Bombay qui ouvrait sa maison.

Quelle maison ! Entre les buildings de Malabar Hill, un parc avec une grosse villa du début du siècle, blanche et baroque, avec des verrières, des vérandas, un gigantesque perron, des vénus et des angelots dans les bananiers, et à l'intérieur d'immenses salons avec meubles, tapis et peintures des années 40.

Dans deux salons ils avaient accroché le travail de quatre jeunes artistes. J'ai parlé longuement avec un artiste Justin Ponmany, originaire du Kerala, pas effarouché par ma façon de m'exprimer en anglais… Au dessus du bar et des serveurs, il y avait un portrait rouge de Tarkovsky. Je vois souvent sa tête en Inde, et j'ai souvent entendu I love Tarkovsky !

J'ai échangé quelques mots avec un français heureux de vivre à Bombay, et qui dit avoir deux endroits sur la planète où il est bien, Bombay et sa ferme en Mayenne. Toutes les combinaisons sont possibles…

Les quelques français qui vivent en Inde et que j'ai croisés dégagent quelque chose de très légèrement euphorique. Je pense que je dois être touché par le phénomène aussi… et ils parlent sans cesse, de la qualité des rapports qu'ils ont ici, du quotidien jusque dans les rapports amicaux. Ils parlent toujours aussi du sentiment d'existence qui n'est pas le même.

Et combien on existe pour tout le monde tout le jour… c'est, je pense, ce qui va m'être le plus difficile de quitter. Je pense que le plaisir de cette communication douce et fluide enlève une chape de restrictions et de luttes qui n'est plus nécessaire en Inde et que c'est la disparition de cela qui nous rend légèrement euphoriques.

Ce même français m'a présenté à un deuxième français qui m'a demandé ce que je faisais à Bombay. Après le début de ma première phrase, il s'est mis à crier c'est vous, ça fait deux ans que je vois des photos et des films avec vous ! des films ?

C'était le responsable de la banque mondiale à Bombay, c'est à dire celui qui finance tout le projet sur lequel nous avons travaillé et qui voudrait maintenant le développer à grande échelle. En tous cas il connaissait bien le projet jusque dans les détails.

Il m'était sympathique et nous avons parlé longuement. Drôle de soirée à Malabar Hill, décor de film des années 40, artistes et protagonistes romanesques comme dans une fiction.

Après le vernissage, je me suis retrouvé dans une grosse voiture, avec le propriétaire de la maison, un jeune architecte indien, les deux français et le consul des Etats-Unis terriblement anglo-saxon mais qui parle bien français.

Nous avons passé la soirée dans un cabaret sur Marine Drive, Jazz by the bay, le public s'est mis à hurler quand une indienne d'une soixantaine d'années, genre Nina Simone plus claire est arrivée et a commencé à chanter des standards du rock et du jazz américain. Il est vrai que ses interprétations avaient quelque chose de déchirant… Je pensais au roman de S. Rushdie, qui se passe dans le milieu rock de Bombay et New-York.

Nous avons terminé en mangeant une pizza sur Marine Drive qui la nuit est un mélange de Manhattan et de la Havane, j'ai sauté dans un taxi et suis revenu très tard à Bandra…

Tous les taxis de Calcutta et de Bombay se perdent tout le temps, ils se dirigent en demandant à vingt autres taxis leur chemin, il m'est arrivé après une heure de route de tourner de 30 à 45 mn avec des taxis que le fait de se perdre fait éclater de rire. C'est guère possible d'enregistrer les chemins dans des villes tentaculaires comme Bombay et Calcutta. Je pense que les taxis qui se perdent, de retour à Paris, vont me manquer aussi… j'ai beaucoup aimé ces zigzags dans les fiat Premiers de Bombay ou les ambassadors de Calcutta, qui rebondissent sur la chaussée avec les dieux qui clignotent sur le tableau de bord et les chauffeurs qui me parlent en hindi.

Hier matin, dimanche, l'artiste rencontré la veille, Justin, m'avait invité à lui rendre visite dans son atelier à une heure au nord de chez moi, ce qui signifie qu'on est à deux heures en train du sud de Bombay (Colaba) et à trois heures en voiture.

J'ai pris un rickshaw jusqu'à la gare, puis le train jusqu'à Kandivali. Dans le train, deux jeunes étudiants m'ont fait la conversation. Il est rare que je reste plus de 4 ou 5 minutes seul quelque part. Mais ce qui est d'autant plus agréable c'est que ça ne se fait pas n'importe comment. Aucune lourdeur dans la façon d'aborder ou de parler. Une légère distance, et surtout une grande attention à ce qu'est l'autre afin de s'ajuster très délicatement. D'où les sentiments de douceur et de plaisir très fort après chaque conversation de ce type. Les indiens s'adressent directement à l'être et pas à la personne sociale… avec une bienveillance déroutante.

En sortant à la gare, dans la cohue du dimanche je n'ai pas trouvé Justin tout de suite devant les guichets où il m'avait donné rendez-vous. Au milieu des gens qui dormaient entre les files qui faisaient la queue pour acheter un billet, et que tout le monde enjambait tour à tour je me suis aperçu quelques minutes avant les autres qu'une des femmes était morte.

Lorsque 2 mn après quelqu'un s'en est aperçu aussi, la queue s'est légèrement déportée, quelques personnes ont ajusté son sari et les regards se posaient sur la morte comme sur le reste. Il n'y avait pas grand chose de différent dans les yeux qui regardaient le cadavre que lorsqu'ils posaient leur regard sur l'enfant qui jouait à côté. Elle avait la même place dans l'ensemble.

J'ai retrouvé Justin, il a acheté de la bière, des cacahuètes et m'a conduit dans son atelier en haut d'un immeuble très Bombay. Agréable atelier ouvert sur les marais de la périphérie.

Il a beaucoup aimé Fûdo, que je lui ai montré sur mon ordi.

La pluie s'est mise à tomber…

Je suis revenu en milieu d'après-midi en rickshaw, le dimanche la foule est aussi dense que dans la semaine mais habillée autrement, occupée autrement et on y voit plus de femmes.

Dans les Fiat on voit des familles ou des groupes d'amis de 11 ou 12 personnes entassés et très élégants autour du chauffeur. Sur les motos 5 ou 6 personnes, dans les auto-rickshaws aussi et sur le bord de la route une foule avec des chemises jaune, rose, vert clair, et des saris brillants dans des pauses immobiles, ou qui marchent en se caressant et en mangeant des sorbets.

Au milieu de ça quelques bourgeois en voiture décapotable qui ont des mines dégoûtées de tout et des yeux désabusés pour montrer qu'ils ont tout.

Je ne suis pas pour les oppositions de ce type mais je n'ai jamais vu une séparation aussi radicale entre l'élégance et la beauté sensuelle de la rue et la vulgarité et la laideur des nouveaux riches. On se demande comment ils ont fait pour arriver à de telles extrémités. Ca donne des frissons.

En revenant de Kandivali on croise toutes sortes de quartiers. De nouveaux quartiers avec de beaux immeubles entourés de bidonvilles, des quartiers middle class, des tas d'ordures et les vaches décorées endormies par groupe au milieu de la route, des camions renversés etc etc. et la foule partout. Sur ma rétine j'ai l'impression de voir des kaléidoscopes qui s'emballent par moment… plus tous ces yeux qui se regardent, que je regarde, qui me regardent et qui se sourient, ça fait de drôles de sensations.

Après une heure de route dans ces quartiers, je me suis retrouvé à nouveau à Juhu. J'ai réalisé qu'on était dimanche et que ça devait dégager, Juhu un dimanche après-midi.

Je me suis arrêté, j'ai d'abord déjeuné dans un café plein de jeunes bien habillés. J'aime bien la mode de la jeunesse indienne… qui a énormément changé depuis 98…

Une chose troublante lorsqu'on roule au milieu de ces foules ou quand on marche dans la rue, c'est qu'on a l'impression que toute l'Inde a entre 20 et 25 ans.

Sur la plage de Juhu, c'est pas facile à décrire, la foule calme qui regarde la mer, mange des glaces, marche lentement et discute en groupe au milieu des vendeurs, des singes, de la musique…

Peut-être que les photos donneront une idée…

Je me suis assis, j'ai discuté et j'ai mangé les sucreries qu'on me proposait gentiment. J'ai dû encore poser devant le coucher de soleil, et ça m'a rappelé que j'avais quelque chose d'un peu différent pour qu'on me photographie. J'oublie de plus en plus ça au fil des semaines, surtout lorsque je suis plongé au milieu de milliers d'indiens et que je m'y sens aussi bien que dans mon bain…

De retour à Bandra j'ai appelé Parimala, qui a réalisé que je partais mercredi et elle demain à Delhi.

Nous nous sommes retrouvés dans un bar ou nous avons parlé très tard de ces mois de travail et de vie commune qui se sont incroyablement bien passés entre nous sans une seconde de lassitude ou de tension et avec des heures de travail et de discussions la nuit à Calcutta, Kanyakumari, Jaisalmer...

Mon plongeon dans l'Inde n'aurait pas été le même du tout sans cela.

Il y a très peu de personnes avec qui ça aurait été possible. Nous ne nous étions jamais vus avant, ne parlions pas la même langue, n'avions pas la même culture, ne venions pas des mêmes recherches… et voilà !

Elle n'arrivait pas à réaliser que c'était terminé (pour cette fois) et moi non plus. Nous nous sommes dits au revoir, émus et légèrement abattus, devant un rickshaw en ayant du mal à comprendre que nous ne pourrions plus parler, travailler et rigoler ensemble pendant longtemps...

Nous n'y avions jamais pensé avant.

Grosses bises,

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dimanche 11 juillet
Marine Drive
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Journée tres chargée, j'écrirai le blog ce soir et actualiserai demain matin... Le compte à rebours s'accélère, j'essaye de vivre plusieurs journées par 24 heures...

Bizzzz  

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samedi 10 juillet
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Taj Hotel
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Mexico à Malabar Hill

Hier matin, ça faisait 48 heures que j'étais déprimé et de très mauvaise humeur.

Je ne savais pas pourquoi. Biensûr j'ai laissé calcutta derrière moi mais à ce point!

Je me suis offert une matinée à l'hôtel Taj pour y réfléchir.

Les palaces aident à débusquer la vérité… c'est ce que je me suis dit, histoire d'avoir une bonne raison d'y aller. Je me suis fait couper les cheveux au sous-sol, on m'a fait un massage du cuir chevelu, puis je suis monté au Sea Lounge, face à Gateway of India. Hitchcock avait le projet de faire un film dans cet hôtel qu'il adorait, dommage qu'il ne l'ai pas fait.

Face à la mer grise, j'ai regardé les parapluies immobiles face à la mer en avalant ma charcuterie et mes crudités mensuelles. J'ai mangé, j'ai réfléchi et j'ai compris une partie des raisons de ma nervosité.

Je n'avais pas envie du tout de passer ma dernière semaine indienne dans ma chambre d'hôtel à travailler sur le livre comme je l'avais prévu. L'idée que Bombay vibre à côté et que je n'en profite pas m'a rendu irascible.

Je me suis dit que j'allais être gentil avec moi-même, que j'avais suffisamment travaillé ces trois derniers mois, que je serai toujours à tant de travailler sur le livre à Paris… que si je ne travaillais pas sur le livre, j'allais travailler de toute façon à prendre des photos dans la rue.

Pour conclure je me suis dit que je m'en foutais de toutes les bonnes raisons et que si j'étais artiste c'était pour faire ce que je voulais, et si j'étais en Inde aussi…

De bonne humeur je suis monté au bar au sixième étage pour voir la vue d'en haut et je suis descendu à travers les couloirs des chambres jusqu'aux boutiques dans les grands couloirs de marbre du rez-de chaussée.

Pasolini qui a souvent raison disait que l'hôtel lui faisait penser à un énorme paquebot, c'est exactement la sensation qu'il me donne.

La pluie s'est calmée et j'ai tourné dans les rues derrière le Taj, pleines d'arbres et d'immeubles en bois des années 30 peints en vert, bleu ou rose et de constructions Art-Déco.

J'ai pris un taxi pour me rendre à l'Alliance Française. C'est ce que je fais quand j'arrive dans une nouvelle ville, car on m'y informe de tout ce qui se passe d'intéressant dans la ville les jours à venir. Et puis il faut dire que les Alliances Francaises en Inde rassemblent des jeunes indiennes et indiens souvent très intéressants...

Il paraît que c'est le français qui fait ça. Tant mieux…

Patrick le directeur m'a invité à l'accompagner à 18 heures à deux vernissages avec sa femme, Adriana, une pétillante mexicaine. Nous sommes d'abord allés à la Jéhanguir Gallery, où on m'a présenté à plein de monde, tous les artistes de Bombay, paraît-il étaient là.

L'ambiance vernissage était détendue et joyeuse… nous sommes allés un moment après à la Modern Art Gallery, l'institution d'art contemporain de Bombay.

Il y avait un buffet sur la terrasse, c'était magnifique de boire et manger dans le vent chaud sur la terrasse de ce gros bâtiment gothique face aux autres immeubles gothiques illuminés de Colaba. J'y ai retrouvé par hasard A. souvenir de ma short short love story bombaiites avant le Sikkim.

Patrick et Adriana qui habitent sur les collines de Malabar Hill m'ont proposé de m'avancer et de prendre un taxi depuis Malabar Hill.

Puis ils ont décidé de m'inviter à venir boire un verre. Ils habitent un joli appartement en haut d'un immeuble face aux grands jardins de Malabar Hill et aux Tours du Silence.

Les Tours du Silence sont le lieu où les parsis pratiquent leur rites funéraires. Personne n'y accède excepté la personne chargée des rites.

Les parsis sont une communauté dans laquelle on retrouve une grande partie de l'élite de Bombay très occidentalisée.

Tout le monde les aime et leur attribue de nombreuses qualités.

En haut des Tours du Silence ils déposent les corps de leurs morts afin qu'ils se fassent dévorer par les rapaces.

Je trouve ce rite très très beau… à part que depuis quelques temps les habitants de Malabar Hill râlent, car les aigles et vautours de moins en moins nombreux à Bombay ont laissé leur boulot aux corbeaux, qui moins adroits laissent tomber des morceaux de Parsis au dessus du quartier chic de Malabar Hill…

J'aime énormément ce quartier, genre quartier chic des années cinquante avec de hauts immeubles entourés par la mer.

Nous avons commencé à parler, et à boire en mangeant du fromage et de la viande séchée mexicaine et en écoutant du rock argentin sur les hauteurs de Malabar Hill. Je ne sais pas comment nous nous y sommes pris mais quelques heures après, on avait vidé une demi bouteille de whisky, et une délicieuse bouteille de tequila fumée à trois, et on hurlait de rire en écoutant du rock latino déchaîné face aux tours du silence.

Très très très agréable. La culture latino va parfaitement bien à l'Inde.

Il faut toujours se saouler au moins une fois dans une ville, c'est là qu'on la comprend vraiment il me semble. En tous cas, on la voit autrement, et c'est toujours intéressant de voir les choses autrement.

A deux ou trois heures du matin ils m'ont confié à un taxi en bas de l'immeuble à qui j'ai dû communiquer mon ivresse, car je ne me souviens pas ce que nous nous sommes dit, mais je me souviens qu'on a ri tout le long du trajet jusque devant la porte de l'hôtel.

Les veilleurs de nuit riaient aussi.

Dans la nuit j'ai eu la visite dans mon lit d'une souris.

L'hôtel est pourtant très clean et refait à neuf… j'ai pris les choses calmement et ai enfermé la souris dans la salle de bain. Ce matin il y en avait deux. J'ai demandé de changer de chambre.

A la réception ils ont trouvé ça très étrange que je veuille changer de chambre à cause d'une souris, c'est comme si je leur avait dit qu'il y avait trois mouches dans la chambre. Ils m'ont proposé une grande chambre beaucoup plus chère. Je leur ai dit qu'à cause du préjudice que j'avais subi dans la nuit ils devaient me faire 20%, ils m'ont dit qu'une souris c'était un petit préjudice… après discussion ils ont convenu que j'avais subi un grave préjudice et qu'il fallait me faire au moins 20%. Je suis donc dans une nouvelle chambre sans souris.

Ce matin j'ai pris un rickshaw et suis allé boire le thé chez un artiste qui habite une banlieue au nord de Bombay. Il travaille dans des conditions très difficiles, un petit appartement atelier qu'il partage avec sa femme et sa fille mais a un regard très heureux. Sa fille de cinq ans a demandé d'où je venais. Lorsqu'il lui a dit de France, elle a demandé si c'était loin de son école…

Sur le chemin de retour je me suis arrêté pour manger sur la plage mythique de Juhu…

Un adorable jeune népali m'a ramené en rickshaw jusqu'à Bandra.

J'ai juste le temps de poster le blog, je lirai les commentaires demain, car j'ai rendez-vous à Malabar Hill encore pour faire la fête…

De grosses bises

Votre malabar mexicain

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vendredi 09 juillet
La photo n'est pas de moi...
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Hier, j'étais de mauvaise humeur, j'avais la fièvre (un rhume), je n'ai pris aucune photo, et mon ordinateur ne s'allumait plus.

J'ai l'impression qu'il n'y a que mon corps qui a pris l'avion, tout le reste est à Calcutta. Je n'arrive vraiment pas à analyser le bien être fou que me procure cette ville de cauchemar. Ca ne m'est jamais arrivé avant et j'ai l'intuition que ça ne m'arrivera pas ailleurs de cette façon.

Aujourd'hui je n'ai plus de fièvre, mon ordinateur s'est rallumé, et j'ai repris des photos... mais j'ai la tête vide et la gueule de bois du manque de Calcutta.

A demain !

Bizzzz

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jeudi 08 juillet
Le Gange qui entre dans Calcutta
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Bombay

Ce matin je me suis réveillé à 7 heures, mais je suis resté dans le lit jusqu'à 9 heures pour écouter les bruits de la rue, différents de ceux de Calcutta. Moins de clochettes plus de klaxons, le bruit des auto rickshaws, des voix et des corbeaux. Soudainement à 8 heures 30, sous mes fenêtres des chœurs d'enfants se sont mis à chanter des comptines, accompagnés par un piano désaccordé.

J'ai écouté un moment puis j'ai ouvert les fenêtres. De l'autre côté de la rue mes fenêtres donnent sur une école maternelle Little Bo-Peep. Il y avait un groupe d'une soixantaine de petits et petites bombaiites en uniforme jaune et blanc, accompagnés par un jolie indienne en sari fushia.

Je les ai regardés un moment en prenant mon café jusqu'à ce qu'ils m'aperçoivent à la fenêtre. Peu à peu ils se sont tous mis à agiter des mains dans ma direction.

On aurait dit un générique de film comique, soixante petits indiens en uniforme jaune, la bouche ouverte, qui vociféraient des comptines anglaises en agitant leurs mains.

Il est 9h 20, et ils chantent toujours, j'ai reconnu mironton mironton…, et même Frère Jacques en français…

Voilà je suis à Bombay, dans le quartier de Bandra, dans un petit Hôtel au premier étage du restaurant Olive.

Hier, dans le taxi qui me conduisait à l'aéroport, ces changements de lieux, depuis plus de trois mois ont commencé à me donner le vertige et j'ai compté que j'en étais à mon 10ème déplacement, mon 16ème décollage et ma 17ème chambre depuis mon arrivée.

Avant de partir hier midi, j'ai déjeuné au Fairlawn. Habituellement je mange seul à ma table, mais hier une anglaise, belle, d'une cinquantaine d'années, genre Jane Fonda est venue s'asseoir à ma table. Très classe, le visage très lumineux, elle m'a demandé ce que je faisais en Inde puis m'a raconté ce qu'elle y faisait. Elle est mariée à un anglais avec qui elle vit à Rio de Janeiro. Elle a plein d'argent et des villas au Brésil, voyage beaucoup à travers l'Asie et maintenant elle travaille depuis deux mois dans les hôpitaux de Calcutta.

La plupart des gens que j'ai repairé depuis mon arrivée qui travaillent dans le sillon de miss Teresa sont souvent de grands névrosés qui donnent plus l'impression de venir soigner leurs problèmes que ceux des indiens. Par ailleurs ils sont presque tous catholiques ce qui les achève complètement… Ce n'était pas son cas à elle du tout, d'abord elle n'est pas catholique, mais j'ai été surpris par sa clairvoyance sans naïveté, son intelligence, et le bien-être qu'elle dégageait… Le contraire d'une névrosée.

Là dessusn est arrivé un autre personnage atypique qui s'est aussi installé à notre table. C'était un chirurgien new-yorkais qui venait travailler trois mois en Inde.

Le personnage m'était plutôt sympathique aussi, excepté que je ne suis pas arrivé à extraire une syllabe des sons qui sortaient de ses voies nasales. L'anglaise qui semblait elle-même avoir du mal à le comprendre était obligée de me traduire ce qu'il disait.

Du coup ne comprenant pas, je regardais sa façon de s'exprimer, ses gestes et attitudes, et je me disais qu'il n'y avait rien de plus incongru qu'un américain en Inde.

Celui-ci avait l'air sympa, mais on aurait dit un enfant qui joue à faire le cow-boy en mimant une virilité outrée… pas une once de féminité dans ses expressions. Sans comprendre ce qu'il disait je devinais qu'il ne devait pas y en avoir beaucoup non plus dans le contenu de ses paroles. Son voyage en Inde pour lui était une « performance sportive ».

C'était très comique.

Les indiens à côté ressemblent à de douces jeunes filles sans rien perdre, il me semble, de leur masculinité, au contraire…

Ces mâles américains ont leur équivalent féminin qui commencent toutes leurs phrases avec des SO ou des TOO stridents comme eux les terminent avec des MAN caverneux et complices.

Donc dernier déjeuner bengali comique qui m'a remis un peu des adieux que j'ai fait toute la matinée, à l'hôtel, au téléphone, dans la rue…

Les indiens qui vivent tout sur le mode émotionnel grave, lorsqu'ils font des adieux se laissent complètement submerger par l'émotion qu'ils me communiquent très vite.

Hier soir, arrivé à Bombay, j'étais épuisé physiquement, déprimé, et de mauvaise humeur.

Je pense que c'est encore le fait de m'arracher à Calcutta qui m'a fait ça. J'avais commencé à y faire quelques racines.

Ce matin les serveurs qui entrent dans ma chambre en hurlant Good Morning mister Pascal avec des sourires radieux et le vacarme de la rue m'ont remis en forme.

J'ai pas beaucoup travaillé sur le livre à Calcutta, il faut absolument que je le fasse à Bombay…

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mercredi 07 juillet
CALCUTTA...
.............................................................................................
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VOILA, JE QUITTE CALCUTTA...

j'ai rarement éprouvé une telle tristesse, dans ce registre de la tristesse...

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mardi 06 juillet
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Demain à cette heure-ci je décollerai pour Bombay.

Depuis hier …après la signature chez Oxford j'ai mangé une pizza avec Hritik, puis sur le chemin du retour, je me suis arrêté tout seul dans une boîte de nuit l'Orient Express, pour y boire quelques whiskies, écouter la musique et voir la jeunesse branchée de Calcutta.

Je suis revenu à 1 heure dans les rues couvertes de corps endormis. A cette heure-ci le décor est un décor de science fiction comme j'en ai peu vu au cinéma. Les groupes de corps enchevêtrés, la masse sombre des immeubles gothiques détruits, les canalisations ouvertes avec l'eau qui jaillit, les chiens errants, les corbeaux, et les voitures des rickshaws sur le bord de la chaussée, les ambassadors avec les chauffeurs qui dorment sur le toit ou le capot… et quelques personnes qui jouent aux cartes ou lisent un journal autour d'un brasero… Je suis arrivé au Fairlawn, qui comme dit Parimala est like a boudoir in the desaster… Boudoir fatigué toutefois.

Aujourd'hui déjeuner avec le provençal directeur de l'Alliance Française. Je l'aime bien. Sa passion pour les livres de photos, les atlas… me le rend sympathique, sa décontraction latine quand il parle de l'Inde aussi. Revenu à pied jusqu'à Park Street je me suis arrêté dans le très romantique cimetière de Park Street. Le cimetière colonial de Calcutta, des pyramides et colonnes au milieu des palmiers.

Ils faisaient pas de vieux os les anglais en Inde. La plupart étaient emportés avant la trentaine, il y en a une Elisabeth Barwell qui a résisté aux maladies tropicales mais pas à sa passion pour les ananas ; sur sa tombe il est écrit qu'elle est morte d'avoir trop aimé les ananas

J'ai descendu Park Street de haut en bas, le ciel est devenu noir, je me suis arrêté pour acheter deux disques de chansons de Tagore, des trombes d'eau se sont déversées sur Calcutta alors que j'arrivais à l'hôtel. La ville plongée dans le noir (panne d'électricité) j'ai écouté les chansons de Tagore sur mon lit à la bougie en buvant un thé chaud.

Ce soir je vais écouter un concert de Chopin à Oxford.

Je dis doucement au revoir à Calcutta.

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lundi 05 juillet
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mme S.
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Je lis tous vos messages que je n'avais pas pu lire depuis le Sikkim... Merci. Je ne peux pas repondre à tous mais je les lis tous avec grand plaisir...  Bonjour et des bises à vous tous.

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J'ai retrouvé la maison …ce matin dès mon réveil à 7h30 j'ai foncé au Fairlawn.

Depuis hier les journées se déroulent à Calcutta un peu comme à Paris.

Je travaille dans la chambre, ce matin j'ai marché longtemps dans la rue pour trouver dans les boutiques ce dont j'avais besoin. Hier, en fin d'après-midi, nous avons traversé une partie du Maiden (le Central Park de Calcutta) avec Farid, ensuite je suis retourné à l'Indian coffee House.

J'y ai retrouvé Hritik. Nous sommes allés chez lui, ses parents m'ont très très bien accueilli. Délicieux repas dans un petit appartement sur les toits, avec des plantes jusqu'au plafond, deux perroquets, des pages manuscrites de Tagore au mur, des poupées russes, des Krishnas, Kali, des photos...  Des parents intellectuels, modestes mais très classes, chaleureux et décontractés : bengalis

Son père qui est danseur m'a montré des photos de sa tournée en URSS durant trois mois en 87. J'ai beaucoup aimé voir les photos des bengalis dans des décors russes. Quelque chose à voir avec mon travail.

Les russes jovials, généreux, les indiens lumineux, élégants, heureux de voyager. Tout ça dans des décors soviétiques. Les russes et les indiens avaient surtout l'air de très bien s'entendre…

Tout à l'heure je vais à une signature de livre, à l'occasion d'une soirée bengalie francophile, à Oxford sur Park Street… et après je sais pas encore…

Des bises,

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dimanche 04 juillet
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Calcutta encore....

N'ayant pas réservé ma chambre à l'avance, je dois passer une nuit dans l'hôtel à côté du Fairlawn avant d'y revenir demain matin, toutes les chambres étaient réservées ce soir. Mme Smith, Farid (le réceptionniste de nuit), et le réceptionniste de jour étaient tellement confus qu'ils multiplient les gentillesses. Je prends mes repas au Fairlawn…

Ce matin, j'avais envie d'aller voir la synagogue de Calcutta. J'ai vu celle de Cochin, celle de Bombay et l'histoire et les histoires qui tournent autour de ces lieux m'a donné envie de voir celle de Calcutta.

Le premier taxi que j'ai pris m'a conduit au sud de Calcutta, dans des quartiers que je n'avais jamais vus, mais bien loin de la synagogue. Nous avons tourné une bonne heure dans toutes sortes de rues… Plutôt que de m'impatienter, j'ai regardé le décor des rues de Calcutta un dimanche matin en écoutant son flot de paroles hindi. Je me demande tout ce qu'il a pu me dire pendant cette heure où il ne s'est pas arrêté de parler. Les rues presque vides comparé aux autres jours, la chaussée apparaît encore plus éventrée et défoncée, les ambassadors rebondissent dans les trous et les tranchées creusées, sur le côté et parfois au milieu la fumée des feux pour sécher les affaires après la pluie de la nuit, les énormes corbeaux qui sautent, et les gens qui commencent à s'éveiller et à faire leur toilette. Au milieu de tout ça des silhouettes élégantes, en famille, qui montent dans des ambassadors épuisées pour fêter le dimanche quelque part…

Le décor est désolé, et l'atmosphère à quelque chose de tragique et de très sereine à la fois. C'est toujours le même paradoxe de Calcutta.

Après cette petite heure à tourner avec le chauffeur qui ne savait plus que faire de moi, j'ai compris que je devais changer de taxi pour voir la synagogue. Un autre taxi m'a conduit dans le quartier, près de China Market et là j'ai commencé à chercher la synagogue.

Je suis parti à 9 heures du Fairlawn et à midi je ne l'avais toujours pas vue. Ce n'est pas que j'étais si acharné à la trouver, mais je me suis pris au jeu de la chercher, car quand on cherche quelque chose dans une ville qu'on connaît mal on découvre des milliers de choses sur son chemin. De fait j'ai arpenté pendant 3 heures les ruelles autour de China Market, assisté par soixante compagnons différents, rieurs, qui m'ont conduit d'abord à l'église orthodoxe grecque, puis à la très belle église arménienne, en marqueterie de marbres blancs et nichée dans un jardin enfoui dans un quartier de ruelles très anciennes. Ensuite dans une belle mosquée verte, en désespoir de cause ils m'ont même conduit dans un cinéma le Louxor ou le Pyramide… peut-être le Cleopatra, je ne me souviens plus. La pluie s'est remise à tomber et j'ai décidé de revenir déjeuner au Fairlawn, quand j'ai remarqué le bâtiment rouge de la synagogue devant laquelle j'étais passé 5 ou 6 fois. Elle était fermée seulement aujourd'hui. J'ai expliqué que je venais de Paris pour la photographier et que je faisais un reportage sur les synagogues asiatiques. Quelqu'un s'est chargé de téléphoner au rabbin de Calcutta, pour lui expliquer, et dix minutes après je me suis retrouvé dans la synagogue, avec tous les lustres éclairés, et les ventilateurs en marche…

Je suis revenu sous une énorme averse au Fairlawn, j'ai fait la sieste sous le ventilateur, je vais poster le blog et tout à l'heure Farid doit passer prendre le thé. J'avais sympathisé avec lui lors de mon premier séjour, et c'est l'indien le plus réservé et timide que j'ai rencontré.

Ce soir je suis invité à dîner chez les parents du pas du tout timide ni réservé Hritik.

Une journée avec mes copains bengalis…

C'est mon cinquième dimanche à Calcutta !

Des bises à tout le monde,

Pascal

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samedi 03 juillet
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le professeur
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Calcutaaaaaaaaaa

Tous ces messages et commentaires !!!

Merci, merci merci !

Je vais devoir prendre une semaine pour les lire! je suis ravi...

 

Hier matin, avant de quitter les cimes, à notre réveil à 6h 30 la brume s'est dissipée et l'Himalaya s'est montré une dernière fois, blanc sur un ciel très bleu.

Nous avons roulé toute la matinée pour descendre des cimes vers la plaine, à Bagdogra. Il faisait soleil et j'ai pensé tout le long à « Blissfully yours », le génial film Thaï.

Même décor, une petite route dans la jungle le long des gorges avec des singes qui regardent passer les Jeeps, et des gens à moitié nus qui se laissent vivre.

Nous avons repris l'avion qui nous a posé à Calcutta en début d'après-midi.

Pas de mousson hier, ni dans l'Himalaya, ni à Calcutta. Un soleil de printemps orangé.

Nous devions passer seulement la soirée et la nuit à Calcutta, le temps de montrer à Erik quelques images de la ville. Erik a décollé cet après-midi pour Anvers via Bombay et moi au lieu de repartir sur Bombay j'ai décidé de rester à Calcutta !

Je suis fou de la ville, et comme toutes les choses dont on est fou, je suis incapable d'expliquer pourquoi. Ce plaisir que j'ai à vivre à Calcutta est impossible à communiquer tant il est plein, naturel et dépasse tous les autres.

Je voulais revoir la ville pour vérifier si après l'avoir quittée il y a deux mois et avoir fait un tour de l'Inde le plaisir particulier qu'elle m'avait inspiré était bien réel.

Nous sommes arrivés en fin d'après-midi au Fairlawn sans avertir, et j'ai eu le plaisir de retrouver toutes les personnes que j'avais eu du mal à quitter il y a deux mois. Retrouvailles archi-chaleureuses, Farid a sursauté en me voyant et m'a pris la main pendant cinq minutes, j'ai retrouvé tous les gens de la pension et dans la foule de la rue Erik était amusé de voir les femmes devant les boutiques et les rickshaws m'appeler. C'est un plaisir un peu narcissique mais c'est surtout délicieux de revenir quelque part et d'y être aussi chaleureusement accueilli.

Après un thé sous la véranda du Fairlawn j'ai plongé Erik, très partant pour ça, dans la cohue de Calcutta.

Nous avons marché dans les rues et hier ça m'a semblé particulièrement fou.

J'aimerais montrer Calcutta à tout le monde, et faire ce que nous avons fait hier avec Erik, avec toutes les personnes qui me lisent pour que vous puissiez l'éprouver.

Ni les photos ni toutes les descriptions que je tenterai ne peuvent donner une idée de la rue à Calcutta.

Les rues avec des milliers de boutiques qui vont de 1 m2 à 4 m2, et des groupes de sept ou huit personnes, calmes, souriants et occupés ou inoccupés, enchevêtrés les uns les autres dans ces espaces minuscules, trois ou quatre petites choses à vendre, et des minis temples dans toutes les boutiques… des boites, des récipients entassés, des paperasses, les gens qui dorment partout sur le trottoir et que la foule enjambe ou contourne sans effleurer, les centaines de coolies qui portent des matelas, des tuyaux de 5 mètres, des ventilateurs, des poupées, des chaussures, des poulets, des livres et qui se faufilent sans toucher personne, les chiens endormis partout, les enfants nus qui se lavent devant les fontaines au milieu des courgettes et des cerises, les riches bengalis en sari et Kurta pyjamas immaculées qui déambulent, les lépreux écroulés devant les temples, les ambassadors qui klaxonnent, les vélos, les motos et les rickshaws agglutinés sur la chaussée… Il y a plusieurs strates, les minuscules boutiques dans les murs, les étalages sur le trottoir, les étalages sur la chaussée et tout le reste entre. Dans toutes les entrées d'immeubles noires et écroulées il y a des coussins, des chaises occupés avec d'autres groupes de personnes qui discutent, qui boivent du thé, qui lisent, la tête posée sur le ventre du voisin qui dort ou qui est en train de d'arranger des fleurs des guirlandes fleurs.

Ce qui est d'autant plus fascinant c'est que cette foule archi urbaine ne porte presque pas de vêtements, les femmes montrent leur ventre et sont complètement détendues et les hommes ont vaguement un morceau de tissus autour des hanches qu'ils passent leur temps à ajuster. La seconde chose fascinante c'est que tous ces corps agglutinés avec des couleurs de peau sublimes, sont enlacés avec des gestes de tendresse incompréhensibles selon les codes occidentaux. On a l'impression que la foule entière est en train de se procurer mutuellement du plaisir. Personne ne reste assis seul.

Le corps est presque toujours appuyé sur celui d'un autre, les mains sont enlacées ou se promènent sur le front, les épaules ou les cuisses de celui qui est à côté. Ce qui est d'autant plus étrange c'est que cette absolue liberté en ce qui concerne les manifestations de tendresse se fait en séparant les sexes. Les femmes peuvent faire cela avec les femmes et les hommes avec les hommes. Parimala à qui j'ai expliqué mon étonnement m'a dit que dans l'intimité les hommes et les femmes étaient très libres entre eux, mais dans la rue les contacts entre hommes et femmes ne sont pas acceptés. Tout le monde déverse sa tendresse et sa sensualité sur ses amis… Ca a l'air agréable.

Erik comme moi est ébloui par la bonne humeur que dégage cette foule.

Au bout de la promenade nous nous sommes arrêtés à l'Indian Coffee House, le café littéraire. J'y ai retrouvé Hritik (le danseur) par hasard.

Ce matin je suis retourné une troisième fois dans le décadent Marble Palace, avec les Murillo accrochés au mur au dessus des Vénus ébréchées, et des vases chinois renversés sur des gorilles en bronze. Je voulais qu'Erik voit ça, nous avons continué jusqu'à la maison de Tagore où Hritik qui nous cherchait partout nous a retrouvé.

Il avait très naturellement demandé à son professeur de danse qui est paraît-il le plus réputé de Calcutta de convoquer tous ses élèves pour que nous puissions assister aux différentes danses.

Nous nous sommes donc retrouvés au troisième étage d'une grosse maison bourgeoise défraîchie qui appartenait à la famille Tagore à regarder une trentaine de danseuses et danseurs exécuter les danses de Kali, de Krishna, ou danser sur les chansons de Tagore sous les directives de leur professeur et guru.

C'est en sortant que j'ai compris que nous n'avions pas assisté à un cours normal, mais que toutes ces personnes appelées la veille à 22 heures s'étaient libérées pour nous faire ce show.

Comment ne pas être fou de Calcutta après ce genre d'événements ?

Nous sommes vite revenus à l'hôtel, Erik a sauté dans un taxi pour l'aéroport et je me suis replongé tout seul dans les rues sous la pluie. Je me suis arrêté ruisselant au Magnolia, dans un décor « In the Mood for Love » et j'ai mangé dans la salle vide une assiette de gambas au poivre et un soufflé chaud à la mangue.

Il pleut, depuis cet après-midi, les corbeaux crient encore plus fort… je vais essayer de trouver un cyber-café ouvert…

De très grosses bises,

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jeudi 01 juillet
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Rumtek
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Le restaurant tibétain
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La frontière
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Le Tibet
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Mercredi
Tous les matin depuis le 15 juin, le journal annonce de nouveaux morts à Bombay, attaqués par des léopards, aujourd'hui c'est le quatorzième. Je ne sais pas comment c'est possible, des léopards dans Bombay.

Pour ma part, aujourd'hui, je me suis lancé un défi… et je suis revenu vivant.

Pour que ceux qui tiennent à moi et qui connaissent mes problèmes d'oxygène en altitude ne fassent pas intervenir l'armée sikkimaise je n'ai pas dit à quoi je me préparais hier…

Ca m'énervait d'être si près et de ne pas pouvoir voir la frontière tibétaine et les yaks qu'on ne rencontre qu'à haute altitude.

J'avais décidé de ne pas y aller car c'était trop haut (4000 mètres), mais ma curiosité m'a convaincu d'essayer et j'ai vu les yaks, la frontière tibétaine, le Tsongo Lake et les villages tibétains sans trop de problèmes, je suis seulement un peu faible …et ravi.

Nous sommes partis ce matin de Gangtok avec le même chauffeur tibétain et un guide par qui le gouvernement sikkimais nous oblige à être accompagnés pour nous rendre dans cette région. Erik dit qu'il a sur le visage toute la cruauté de la Chine. Je ferai un portrait de lui. Il nous accompagnait semble-t-il plutôt pour nous surveiller que pour nous guider.

D'ailleurs je trouve très inattendu que cette région soit accessible aux voyageurs.

Tout de suite après Gangtok en direction de la frontière on entre en zone militaire et on commence à grimper. De chaque côté de la route qui monte de 2000 à 4000 mètres sur 40 km, on traverse des campements militaires, avec des baraquements et des cahutes avec des mitraillettes derrière des filets dirigées vers la frontière chinoise. Dans ce paysage lunaire noyé dans la brume ça donne un aspect dramatique. Entre les campements militaires, on voit les villages des réfugiés tibétains.

La minuscule route est un peu moins mauvaise que celle d'hier. C'est exactement le chemin que prenait les caravanes de yaks qui faisaient la route de la soie pour passer de l'Inde à la Chine par le Sud du Tibet. Le paysage étant le même j'avais l'impression de voir les caravanes dans la brume, avec les bandits tibétains qui les attendent dans les ravins… Le manque d'oxygène qui m'a aidé à voir peut-être…

Plus d'électricité, je dois poster le blog, et je vous envoie de grosses bises tibétaines,

Jeudi

Hier tous les systèmes internet de la ville étaient « done ». Nous sommes allés boire du thé tibétain au beurre et manger des momos en face, dans le petit restaurant qu'un jeune tibétain et sa femme népali ont ouvert il y a deux jours. Lui était lama pendant quatorze ans et est tellement lumineux et heureux que ça fait presque mal aux yeux.

Ce matin nous sommes partis avec le même chauffeur tibétain à Rumtek la résidence officielle du 17ème Karmaka en exil. Ensuite nous avons continué à pied jusqu'à un monastère plus ancien dans la forêt, dominant les vallées.

Je suis fou des monastères bouddhistes, ce sont des enceintes calmes et sophistiquées dans des sites vertigineux. Il y a des enfants lamas, des jeunes lamas, des vieux lamas… occupés dans tous les coins et souvent très rieurs.

Aucune pudibonderie ni rigidité dans les gestes. On a la sensation de décoller. Des bruits de clochettes, des drapés rouges et safrans, des volutes d'encens et à l'intérieur des gompas des atmosphères rouges et enfumées pleines de monstres de dragons de bouddhas dorés et d'écritures ésotériques…

D'ailleurs nous nous disions avec Erik cet après-midi qu'à force d'être traités avec autant de douceur et de gentillesse par tout le monde, et qu'il n'y ait aucune exception à cela, dans un contexte aussi planant où même dans la ville tout le monde chuchote, reste suspendu ou enlacé à ne rien faire du tout pendant des heures nous en avions perdu toute notre agressivité. Erik dit que nous sommes tellement désarmés qu'en revenant en Europe nous allons nous faire manger d'une seule bouchée.

J'ai réalisé que depuis trois mois, de Calcutta à Bombay, Jaisalmer, Kanyakumari, Gangtok etc. je n'ai jamais assisté à une seule manifestation d'agressivité ou de tension… même dans des contextes de folie dans les rues de Calcutta, complètement engorgées, où des richshaw renversent des étals,  les voitures ne peuvent plus bouger, avec des coolies qui portent 120 kgs sur le dos et des baignoires d'eau qui tombent du ciel sur les piétons qui n'arrivent pas à avancer entre les vaches qui pissent et les nuages opaques de pollution…

C'est vrai que j'ai complètement perdu mes défenses et ma défiance, mais à bien y réfléchir je ne crois pas qu'à mon retour je serai si démuni que ça, je pense plutôt que lorsque ce sera nécessaire, je serai beaucoup plus tranchant et démoniaque avec les rapports imbéciles qui me semblaient un fatalité jusqu'à présent.

En attendant, je refais les bagages ce soir. Demain matin nous prenons une jeep en direction de Bagdogra (heures de route), puis un avion pour Calcutta. Nous quittons les cimes pour le delta.

un peu plus tard... toute la ville est plongée dans le noir, les boutiques sont éclairées à la bougie et les silhouettes paraissent encore plus fluides... J'ai l'impression d'avoir bu. Electricité et internet depuis 1 minute j'expédie tout de suite ! A force de ne pas pouvoir lire vos commentaires j'ai l'impression de monologuer... en fin de semaine, je pense que je vais pouvoir vous retrouver... BIZZZZZZ

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mardi 29 juin
Le KANCHENJUNGA
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Phodong

J'ai vu le KANCHENJUNGA !

Hier matin, Erik a frappé à la porte de ma chambre pour me dire qu'on distinguait le Kangchenjunga.

J'ai dit, ce n'est pas le Kangchenjunga, mais c'était le Kangchenjunga.

Il apparaissait par un minuscule trou dans la masse de brume, on avait l'impression d'assister à un spectacle. Pendant une dizaine de minutes, il apparaissait puis disparaissait, puis il a disparu complètement et d'un seul coup les nuages se sont déchirés, et il est apparu dans son massif, amplement, dix secondes. Il a, à nouveau, complètement disparu et est revenu une fraction de seconde derrière les nuages avant de disparaître complètement.

8598 mètres et des milliers d'années de glace.

Il n'était pas apparu depuis plusieurs semaines.

Après le petit déjeuner nous avons pris une jeep conduite par un chauffeur tibétain pour grimper dans le nord du Sikkim, à Phodong.

Le paysage est vertigineux, on longe des précipices, on passe sur des ponts suspendus avec des drapeaux de prière au dessus des torrents et le petit chemin est emporté sur plusieurs points par des glissements de terrain. La jeep patine, glisse, longe le précipice et continue…

Nous sommes arrivés à Phodong à midi, la jeep ne pouvait plus monter et nous avons fait les 2,5 km restants jusqu'au monastère, à pied. Les moines ne pouvaient pas nous héberger, nous sommes redescendus au village et avons pris une chambre à 120 roupies (2 euros) dans une auberge très sinistre. J'ai trouvé une sangsue sur mon lit, Erik un ver sur le sien.

Nous avons avalé des biscuits pour ne pas avoir à déjeuner à l'auberge et nous sommes remontés très lentement vers le monastère. L'altitude m'est moins pénible ces derniers jours, je ne dois rien porter à part mes vêtements et je dois faire de courts arrêts tous les 500 mètres.

Erik patiente.

Le monastère de Phodong est celui où Alexandra David-Neel a étudié le tibétain en compagnie du prince du Sikkim, Turku, avant ses expéditions vers Lhassa.

J'avais souvent lu la description des lieux dans sa correspondance et ses livres, sans supposer que je m'y rendrai un jour. Un bouddha de grande valeur qui lui avait été offert par le prince et qui a été rendu au monastère par ses héritiers, a été volé il y a un an. Nous avons parlementé un moment pour convaincre les lamas de nous ouvrir quand-même le monastère. Il ont fini par accepter, mais ne nous ont pas ouvert la porte où sont conservées quelques-unes de ses affaires. Les lamas sont paraît-il traumatisés par ce vol.

Nous nous sommes promenés dans la bibliothèque et dans les différentes salles du monastère. J'ai embêté le lama pour monter au premier étage où nous avons vu des fresques tibétaines. J'ai demandé de monter au deuxième étage et il m'a dit qu'il n'y avait rien, j'ai dit que je voulais quand-même y aller, puis du deuxième étage il y avait une escalier en bois qui montait encore, je l'ai pris sans attendre qu'il me dise non. On se retrouve en haut du monastère, avec une galerie qui fait le tour du bâtiment et deux pièces avec des vitres poussiéreuses. En regardant à travers les vitres, j'ai vu toutes sortes de têtes de morts en plâtre, avec des plumes et des miroirs. C'était très beau et troublant. J'ai pensé aux magiciens tibétains dont parle A-D-N. Le moine nous a expliqué que c'était les coiffes que les lamas mettaient sur la tête lors des danses Chaam.

Nous avons demandé si nous pouvions rester dans le monastère et il a dit que oui.

Nous nous sommes assis sur les marches et avons passé les heures qui ont suivi en compagnie des petits lamas aussi curieux que nous l'étions, de nous approcher.

Nous avons parlé et nous sommes pas mal amusés à les regarder jouer au badminton et à grimper sur les sculptures en relevant leurs jupes safran.

En fin d'après-midi nous les avons quittés lorsque les lamas plus âgés leur ont demandé d'aller chercher leurs livres. Nous les avons regardés déchiffrer les caractères tibétains sur des livres longs et étroits et leur avons dit au revoir.

Nous avons continué le chemin du monastère, 2,5 km plus haut, dans la forêt, il y a encore un monastère, plus ancien. Nous sommes arrivés au moment où la nuit se préparait à tomber. Il est très beau, plus rustique et mystérieux que le précédent, dans le crépuscule. Nous en avons fait le tour et sommes redescendus rapidement en nous souvenant qu'il y avait plein de panthères et de léopards autour de nous… Hé hé. Il y a quand-même des paysans et des fermes sur pilotis partout, même en pleine forêt, sur des terrains impossibles… Nous avons fini par rejoindre le chemin principal et sommes arrivés au village à la nuit tombée après 16 km de promenade. C'était très beau.

Bien que contents d'arriver, nous étions déprimés à l'idée de devoir nous passer de dîner et de dormir dans une chambre sinistre.

Nous avions vu un peu plus loin sur le chemin une autre auberge avec un nom pas mal : Yak & Yeti.

Nous avons été reçus par une mama aux yeux plissés qui nous a montré sa plus belle chambre, plus chaleureuse et surtout très propre. Nous sommes allés chercher nos bagages dans la première avons payé la chambre et avons vite émigré vers le douillet Yak & Yeti.

La mama aux yeux plissés était en fait une Buthia, (de l'ethnie des femmes qui pratiquent la polyandrie etc.). Elle nous a installés sur des banquettes dans un petit salon derrière des rideaux, nous a offert du whisky sikkimais et a préparé un excellent repas avec son serviteur népali.

Au moment de dîner, elle est venue s'asseoir à nos côtés un verre d'alcool à la main et nous avons parlé jusque très tard. En plus d'être une agréable hôtesse elle avait une énorme culture, parlait un anglais impeccable, et elle nous a expliqué et raconté des choses passionnantes. J'ai compris comment la polyandrie se pratiquait. Je vous raconterai… Dans ce hameau perdu dans la brume, cette soirée au Yak & Yeti en compagnie d'une femme buthia était assez déconcertante.

Ca avait bizarrement quelque chose de japonais, sur Hokaïdo, en automne.

Après le petit-déjeuner ce matin, nous sommes redescendus sur Phodong avec la Jeep. Il avait plu dans la nuit et le chemin devenait parfois sur plusieurs centaines de mètres un grosse flaque de boue liquide le long de la montagne. La Jeep patinait beaucoup plus que la veille et les précipices devenaient beaucoup plus vertigineux de fait. Le chauffeur tibétain m'inspirait confiance mais à force d'avoir peur de mourir et d'être soulagé 20 fois en 20 mn ça m'a provoqué un sentiment euphorique très sensible. Je parle pour moi…

Nous sommes donc arrivés à Gangtok joyeux, avons fait faire des permis pour nous rendre à la frontière chinoise (tibétaine !) demain, avons déjeuné puis nous sommes rendus à l'Institut de Recherche en Tibetologie. Le seul qui existe. Nous avons visité la bibliothèque qui conserve les plus rares manuscrits sauvés des monastères avant l'arrivée des chinois.

J'ai acheté un long livre tibétain et deux belles éditions de l'institut.

J'arrête pour aujourd'hui car je vais traverser les rues transformées en torrent depuis une heure, et passer les heures suivantes à tenter d'expédier le blog… ca rend l'aventure plus amusante.

Des bises !

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dimanche 27 juin
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le balcon des chambres
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La frontière et unique entrée dans le Sikkim
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Avant-hier à Darjeeling...
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Un dimanche à Gangtok
Ces derniers jours, je ne sais pas à l'avance lorsque j'écris le blog, si je vais pouvoir l'expédier ou non. Ici grâce aux satellites les connections sont meilleures lorsqu'elles fonctionnent qu'à Darjeeling, mais je ne peux pas accéder à mon site. Surprise pour ce soir…

Donc, nous sommes à Gangtok et c'est dimanche.

Tout est toujours différent de ce qu'on imagine, mais le Sikkim est bien différent de ce que j'imaginais …par certains côtés seulement.

Bien que complètement perdu, perché dans l'Himalaya, avec une seule minuscule route pour s'y rendre… et des hélicoptères, c'est un petit état qui est complètement dans le XXI ème siècle. Les gens semblent avoir plus d'argent qu'ailleurs, et la mode oscille entre vêtements ethniques, chemises colorées, vestes en cuir et Nike dorées pour la jeunesse, tout comme l'ambiance sonore oscille entre musique techno et incantations tibétaines. Un peu dans l'esprit de mon image Gibraltar.

Par contre nous ne sommes plus en Inde du tout. La cuisine est devenu chinoise, on mange d'excellentes soupes au gingembre, raviolis à la vapeur, flans... mais comme nous l'a rappelé le serveur « la cuisine est la même, mais les gens sont différents » ; la Chine à 40 km étant le grand ennemi.

La présence du Tibet, de la Chine, des anglais, du Népal est non pas mélangée, mais visible en même temps partout.

Les gens parlent tellement doucement qu'on n'entend rien et sont trois fois plus calmes que la personne la plus calme que j'ai rencontrée jusqu'à présent.

La ville est construite complètement à la verticale à 140°.

Nous parlons avec les gens que nous rencontrons mais leur réserve extrêmement douce n'a rien à voir avec la chaleur émotionnelle des indiens.

De temps à autre on croise quelques indiens émigrés, et de voir leurs yeux qui pétillent, leurs sourires et leur façon de communiquer je me retrouve immédiatement en terrain familier, pleinement détendu et confiant. Encore une fois, cette familiarité avec les indiens ne signifie pas que je comprends tout ce qu'ils sont, j'en suis très loin, mais je suis surpris de voir à quel point je suis en harmonie avec leur façon d'être comme cela ne m'est jamais arrivé ailleurs.

Le fait de m'être un peu éloigné de leur compagnie après ces trois mois et de les voir hors contexte aiguise cette impression. Je crois que ce qui caractérise vraiment toute l'Inde, c'est que les indiens sont presque toujours sur le mode émotionnel, mais un émotionnel doux qui n'a rien d'hystérique. Et puis j'aime profondément leur façon de vivre le XXIème siècle hors de tout bon sens pratique.

Alexandra David-Neel qui a longuement vécu dans le Sikkim avait ce rapport naturel de proximité avec les sikkinais et les tibétains, mais disait ne pas l'avoir avec les indiens. D'autres l'ont avec les japonais, avec les togolais, ou les irlandais… c'est amusant le nombre de personnes qui trouvent leur milieu naturel dans une culture qui n'a rien de commun avec celle où ils sont nés. C'est intéressant.

Pour ce qui est des Sikkinais donc, je les regarde mais ne comprends pas grand chose. Je suis complètement ailleurs, mais cet ailleurs est d'une grande quiétude.

Ce matin nous sommes descendus faire le marché. Les familles descendent des montagnes, pour venir vendre leurs produits. Des céréales, des légumes inconnus, d'énormes racines de gingembre et d'autres poudres d'épice. Les costumes sont beaux.

Si il y a bien une chose que j'ai comprise, c'est que les femmes ici, ont bien peu de choses communes avec les femmes du reste du monde. Je ne sais pas ce qui fait la différence, mais visuellement, ça saute aux yeux tout de suite. Ce sont elles qui sont à la tête des affaires, et l'argent s'échange entre leur mains… Elles sont assises et ont des regards très singuliers.

Je n'ai jamais vu ça.

Elles ne sont pas masculines, bien qu'elles fument presque toutes, et ceci avec des gestes de western. Elles portent de belles robes et des bijoux en grande quantité et ont des visages doux et très francs à la fois. On sent qu'elles n'ont pas froid aux yeux et ne sont pas prêtes à minauder quoi qu'il arrive. C'est encore plus visible chez les vieilles femmes, assises comme des cow-boys, la cigarette à la bouche, et les yeux plissés d'un calme royal sous leurs bijoux.

Par contre le comportement des hommes ne semble pas si différent.

C'est la fin d'après-midi, et la brume descend des montagnes, nous allons passer un moment dans une Gompa et voir le Palais Royal au dessus de la maison. Le roi est absent, il est en méditation au Népal...  je vous fais une grosse bise sikkinaise,

Pascal

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samedi 26 juin
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C'est de la folie pour se connecter !

 

Hier soir dans la salle à manger, le repas me faisait penser à un roman d'Agatha Christie. Une table avec un chercheur russe, une autre avec deux couples de négociants de thé français invités par un propriétaire de jardins de théiers, une table avec une famille indienne, et enfin une table avec un belge et un français. Avec la brume dehors, les boiseries aux murs, le billard en enfilade, la musique et le service old fashioned… on avait l'impression qu'il allait se passer quelque chose. Il ne s'est rien passé. Nous avons passé la journée dans les rues de Darjeeling ce matin et cet après-midi. Vieilles villas noyées dans la brume et dans la rue un mélange de costumes anglais, de costumes tibétains et de jeunes branchés à égale proportion. Les jeunes branchés ressemblent à tous les jeunes branchés asiatiques, coréens, taiwanais ou japonais et dans ce décor himalayen avec ces différents costumes autour c'est assez joli. La plupart des gens à Darjeeling semblent avoir de l'argent, les femmes ne ressemblent à aucune autres femmes au monde. Elles regardent les hommes dans les yeux et les évaluent. Elles ont de nombreux bijoux. Nous ne sommes pourtant pas encore dans le Sikkim… Nous avons passé un long moment encore chez un joaillier. Je comprends l'émerveillement de Marco Polo dans son journal en arrivant en Inde. Depuis trois mois, presque chaque jour, je touche des soies, sens des épices, respire des huiles essentielles, regarde des pierres précieuses ou goûte des thés… dans des décors d'échoppes à la Conrad. Nous allons descendre dans le bazar voir la nuit tomber sur la ville. Aujourd'hui c'est mon anniversaire et j'ai 36 ans à Darjeeling. Ce qui me fait bizarre ce n'est pas tellement d'avoir 36 ans à Darjeeling mais c'est de fêter mon anniversaire dans une ambiance hivernale, alors qu'habituellement c'est toujours l'été. Ca me donne l'impression de m'être trompé. Demain matin nous montons dans une jeep indienne Sumo Tata pour Gangtok dans le Sikkim. Des baisers à tout le monde, Darjeeling-Gangtok, le 26 juin.

Hier je n'ai pas pu tenir le blog à jour, les connections internet de Darjeeling ne fonctionnaient pas. Aujourd'hui de Gangtok, j'ai l'impression que je vais pouvoir le faire, car il y a de beaux satellites sur les toits de la ville. Au dessus c'était hier, au dessous c'est aujourd'hui. Ce matin nous avons pris la route de Gangtok à 10h30 dans une jeep conduite par un tout petit népalais qui fait la route tous les jours, accompagné, une partie du voyage, par un copain. La première partie de la route est noyée dans la brume, étroite et sinueuse au dessus de précipices de plusieurs centaines de mètres, on traverse des villages qui semblent vivre dans la vapeur. Les visages et les silhouettes qu'on distingue sont irréelles. Visages plissés, yeux bridés, bandeaux dans le cheveux, tout ça est bien étrange. Dans la forêt de chaque côté de la route qui pousse sur des pentes pas loin de la verticale il paraît qu'il y a de nombreuses panthères et léopards. Plusieurs fois le copain du chauffeur a poussé des miaou aiguës en regardant la forêt, ce qui nous a laissé supposer qu'il y avait repéré une de ces bêtes… Ensuite on plonge au fond d'une vallée et logeons durant un long moment une rivière avec un fort courant. La végétation change, la température redevient moite, et il pousse même des bananiers, des orangers et des palmiers. Les vêtements épais en laine disparaissent et tout le monde se retrouve à nouveau à moitié nu. Bizarrement la population redevient hindoue. Je trouve cela bien étrange comme si cette région avait été peuplée par la verticale et non par vagues horizontales. Après trois heures de route nous nous sommes arrêtés à la frontière du Sikkim, matérialisée par une haute porte. Un douanier a rempli un registre et a mis un tampon sur nos passeports où on peut lire Sikkim, yéééé ! Nous avons remonté peu à peu dans les montagnes et nous voilà à Gangtok depuis quelques heures. Nous logeons dans un hôtel qui n'a pas vu de voyageurs depuis longtemps. Nos chambres donnent sur une terrasse multicolore avec des motifs sikkinais, et la terrasse donne sur les montagnes. Nous voilà perchés à un drôle d'endroit sur la planète, je sors la carte plusieurs fois par jour pour vérifier où je suis sur la planète. Le Sikkim a l'air beau et bien qu'éloigné de tout, dans le move du XXI ème siècle.

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