It's raining...
Il pleut sur Calcutta depuis ce début d'après-midi. Une pluie très chaude avec d'énormes gouttes comme sous la douche.
Ce matin dans le village, deux journalistes du Daily Express sont venus nous interviewer, Parimala et moi. J'ai apprécié comme l'année dernière à Chandigarh le professionnalisme des journalistes. Deux heures aller-retour dans la brousse pour nous trouver, plus d'une heure de questions non-stop Toutefois Parimala me dit que je bénéficie de mon aura d'étranger travaillant à Calcutta, que si elle avait été seule ils ne se seraient pas déplacés.
La journaliste m'a posé les questions en français. Ensuite séance de photos très drôle à l'indienne où ils nous demandent de prendre des poses et nous indiquent l'expression que nous devons avoir sur le visage.
Hier soir nous avons acheté des disques de musique classique indienne et des dvd paraît-il introuvables hors de Calcutta de Satyajit Ray. 5 euros le dvd, c'est agréable. J'ai même trouvé un dessin animé de S. Ray
Ensuite Parimala m'a invité dans un excellent resto bengali. Rien à voir avec la cuisine indienne que je connais. Fleurs de bananes, poissons à la moutarde le tout dans des assiettes et des verres en cuivre
Les bengalis ont vraiment la classe, un maximum de nonchalance, sérieux et souriants, ils semblent très absorbés dans des pensées métaphysiques et surtout passent beaucoup de temps à faire des choses inutiles. J'apprécie.
Calcutta est une ville gothique, comme New-York, dans un autre genre.
Cet après-midi je me suis retrouvé dans la rue inondée. Tout le monde monte sur les rickshaws à bras. J'essaye d'éviter ça depuis mon arrivée. L'un d'eux avec qui je parle souvent depuis 15 jours m'a reconnu dans la foule, tout mouillé. Il a voulu absolument me ramener à l'hôtel. Je me suis refusé à monter sur son rickshaw, ce qui pour lui est une lubie d'étranger dont il ne comprend absolument pas le sens. A bout d'argument il m'a proposé de monter sur 100 mètres pour m'abriter chez lui. J'ai accepté, et il m'a fait entrer sous une tente de trois mètres carrés, hyper clean, tendue sur le trottoir contre un mur avec qui il vit avec sa femme et ses deux enfants. J'ai passé une heure avec eux et c'était délicieux !