Cochin...
Selon Taryck je suis sombre et je ressemble à un oiseau qui a perdu son nid, à supposer que j'ai reconnu un nid à Calcutta Ca se rapproche de ça. Je fais appel à toutes mes réserves d'humour pour dissiper ma tristesse mais pour l'instant ça tombe à plat et je suis bougon. Bouhouhou !
Hier soir nous nous sommes promenés dans les rues endormies jusqu'à minuit, puis nous avons fait les bagages jusqu'à deux heures, avons dormi jusqu'à 3h 30 puis dit aurevoir au Fairlawn à 4h. Dans l'ambassador qui nous a conduit à l'aéroport j'avais une terrible envie d'ouvrir la porte et de faire marche arrière.
Nous avons décollé à 6h, 3 heures de vol entre Calcutta et Bombay, plus que Paris-Casablanca escale à Bombay au milieu des bidons-villes construits jusque sur la piste.
Bombay m'a fait penser à Rio ce matin avec les crêtes brumeuses et les buildings derrière.
2 heures de vol encore pour descendre jusqu'à Cochin.
L'atterrissage est très beau, on plonge dans une forêt dense de cocotiers et de grosse pluie tropicale. Depuis c'est un déluge ininterrompu. Sur la route entre l'aéroport et Cochin on a l'impression de changer complètement de pays. Le paysage est très vert, les gens beaucoup plus indonésiens et costauds que dans le Bengale. Le choc après Calcutta est amusant car on a l'impression que tout est désert, propre, bien droit et fluide. Arrivés devant l'hôtel on a cru que le chauffeur s'était trompé tant on a l'impression d'être dans un minuscule village et pas dans une ville. Est-ce que c'est la différence avec Calcutta qui fait ça, sans doute, mais ça signifie que tout est très relatif car c'est une ville de plusieurs millions d'habitants. Nous avons pris une belle chambre au Old Courtyard, dans une vieille bâtisse portugaise du XVIII ème, qui me rappelle La Havane. J'ai la sensation d'être dans une nouvelle de Conrad, dans un comptoir hollandais sur la côte de Java, pas loin d'ailleurs
J'ai dormi tout l'après-midi et au réveil la nuit tombée l'hôtel était toujours sans électricité et je travaille à la bougie. L'électricité vient de revenir et nous buvons une bière avant d'aller dénicher un cyber café dans rues trempées de Cochin. Il va falloir que le Kerala fasse preuve de beaucoup de douceur et de gentillesse pour me séduire après Calcutta C'est pas gagné !
Heureusement ce sont toujours des indiens, et les hollandais ont quitté Cochin il y a un bon moment
Des bises kéralaises,