Trois jours à rattraper Lundi soir nous avons
Trois jours à rattraper
Lundi soir nous avons retrouvé Parimala arrivée de Bombay en même temps que nous à Kannyakumari.
Nous sommes descendus au sous-sol dans le bar de l'hôtel au lieu d'aller voir tout de suite les trois mers
En sous sol, sous les trois mers nous avons bu, elle quelques rhums, nous quelques whiskies en parlant tres tard et en mangeant des chapatis, histoire d'aborder en douceur.
Mardi matin, notre nouvelle voiture est venue nous chercher et Parimala, le traducteur anglais / tamoul et moi, nous sommes rendus sur les lieux du nouveau workshop. C'est un village de pêcheurs sur la plage avec une grosse église au milieu. Presque mexicaine comme atmosphère.
Le prêtre tamoul nous a reçus dans son bureau avant de commencer.
Il a beau être tamoul il est aussi censeur que n'importe quel autre prêtre de la planète.
Nous avions peur qu'il nous ennuie, pour l'instant il se tient tranquille.
Les jeunes tamouls fils de pêcheurs et pour certains d'entre eux déjà pêcheurs n'ont rien à voir avec les bengalis. Beaucoup plus rustres et directs dans leur façon de parler.
Nous en sommes à notre troisième jour de travail. Très intéressant mais plus compliqué que le workshop dans le bengale.
Pourquoi ? Parce-que ces malheureux tamouls ont eu la mauvaise idée de se convertir au christianisme.
Ca les a rendu individualistes, nerveux, conflictuels entre eux et avec nettement moins de culture
Il faut donc dépasser tout ça pour essayer de rentrer en contact avec chacun. Rien de bien grave et les adolescents sont aussi intéressants et attachants que n'importe où, mais Parimala et moi constatons avec tristesse les conséquences de cette...
La route pour se rendre dans le village longe la mer verte et bleue et des plages couvertes de petits cocotiers. Pas mal comme route pour se rendre tous les jours au travail
Nous avons découvert un petit boui-boui, où nous nous gavons de crabes qui bougent encore et de poissons chat tout roses pour 130 roupies à trois (15 Fr). Les tamouls nous dévorent des yeux car il n'y a pas beaucoup d'occidentaux qui traînent dans le coin. Certains touristes tamouls nous demandent même de poser devant leur appareil photo, car nous devons faire partie des curiosités qu'ils souhaitent ramener de leur voyage.
Hier soir à la nuit tombée Parimala nous a entraînés dans les temples à l'heure des cérémonies. Complètement fou.
Dans un premier petit temple engorgé de fumées d'encens avec des incantations Aum Shiva Ahé qui raisonnent entre les colonnes avec des dieux jaunes qui tirent la langue en haut de chaque colonne, des vaches grossièrement sculptées en pierre noire, écroulées sous les fleurs, des lingams, et des objets bizarres de toutes sortes, pigments etc etc. Le prêtre torse nu au milieu de ses dieux délirants nous a fait les honneurs de son temple avec toutes sortes de rituels Les mêmes que dans le temple de Kali à Calcutta. Ensuite nous sommes entrés dans le grand temple construit il y a 3000 ans sur les derniers rochers de l'Inde.
Là j'ai compris comment on peut être aspiré par ce type de lieux. On a l'impression de se retrouver dans un temple de l'Egypte antique. Tout est noir, tout le monde est torse nu et on déambule entre les colonnes et les cryptes avec des Ganesh fardés, des déesses hurlantes, et des dieux ivres On a l'impression d'être projeté d'un coup au coeur d'un fantasme. Une religion antique, mystérieuse et orgiaque, dans un temple battu par les vents chaud, noir et humide, habité par une foule calme et allumée. Difficile d'expliquer tout ça, mais c'est assez bouleversant jouissif pour les yeux et l'imagination et plein de vibrations.
Ce soir nous confions notre un corps à un masseur ayurvédique et à des bains de vapeurs Il nous attend,
Bises