Dimanche midi à Kannyakumari
Hier, nous sommes tous partis dans l'ambassador brinquebalante sur le terrain du work-shop. Taryck, Parimala, sa mère, sa fille, et moi plus le chauffeur.
On a l'impression que la mère de Parimala est un concentré de la sagesse de l'Inde. Elle laisse deux secondes de silence entre chaque mot. Développe des idées pleines de pondération, de mansuétude et d'intelligence en ne se laissant pas dérouter par les apparences Elle porte des saris très classes. Bref une personne à la présence agréable.
L'équipe hier sur le terrain était amusante, plus le traducteur anglais-bengali, qui ne parle que de sexe et de criquet et imagine tous les occidentaux et occidentales comme les acteurs d'orgies quotidiennes qui lui inspirent des fantasmes très baroques et enfin l'informaticien, un jeune homme timide et agréable habillé 70's.
Tous les jours nous adaptons la direction des expérimentations et Parimala et moi nous accordons parfaitement pour ça. Elle a des idées étranges que je matérialise de façon étrange, et que les très étranges jeunes indiens adoptent avec enthousiasme. Hier sous le regard de l'étrange Taryck et de la très particulière mère de Parimala tout ça était assez captivant et inédit.
Et puis le contexte est toujours très drôle. D'ailleurs je m'aperçois que les images indiennes après un mois et demi ont tendance à s'inscrire dans un quotidien qui ne me fait plus ouvrir des yeux ronds toutes les trois minutes. Je me vois fréquemment répondre à des choses extravagantes avec stoïcisme. Par contre, je me demande comment je vais pouvoir me passer de ça après, tant tout cela rend l'existence plus drôle.
Ces derniers jours je commence à montrer quelques signes de fatigue. J'ai décidé de ralentir le rythme et me force à me reposer. Je n'ai même pas eu le temps de lire un chapitre de livre depuis un mois et demi. La nuit tellement il y a des choses qui traversent ma cervelle j'arrive tout au plus à cinq heures de sommeil. Hier soir, pour remédier à cela et tellement c'est bon, nous sommes retournés à la clinique du docteur Shmurf qui s'appelle en fait Panchakarma et nous allons y retourner tous les soirs de 18 à 20 heures. Enduits de litres d'huiles essentielles parfumées et chaudes, au milieu des fumées d'encens on a l'impression de se transformer en Gulab Jamun (les petits gâteaux indiens qui nagent dans le miel ). Les deux masseurs qui s'occupent de moi pendant deux heures me sont très sympathiques. De plus, j'ai l'impression que le syncrétisme religieux de l'Inde s'opère sur mon corps. Celui qui s'occupe de la moitié droite est un grand musulman généreux, celui qui s'occupe de la partie gauche un fin hindou, très doux.
Leurs techniques sont incroyables, les massages ayurvédiques datent de 5000 ans ce qui m'inspire pleine confiance. Nous vous dirons dans une semaine, à quel degré d'élévation nous sommes arrivés !
Aujourd'hui c'est dimanche, repos et promenades dans les ruelles du port.
Besos,