Jawahar Niwas II
Les petits rajpoutes ont la classe, ils sont graves, regardent droit dans les yeux et quand ils sourient j'ai l'impression que même leurs doigts de pieds sourient.
Ils ont installé des tapis au sol et nous travaillons allongés sous les ventilateurs.
Leurs pères sont pour la plupart chameliers ou tailleurs. Leurs mères sont drapées de la tête aux pieds de superpositions de voiles transparents, jaunes, verts, roses les voiles jaunes au soleil sont somptueux et elles portent des cruches en terre cuite sur la tête du puit aux maisons avec quelque chose comme 55 bracelets à chaque bras, et des énormes anneaux d'argent à chacun des orteils, aux chevilles etc. Je passe des heures à regarder leur gestes en arabesque, leurs mains fines et leur façon de presque flotter au dessus du sol. Elles font partie des plus belles femmes que j'ai rencontrées.
Les pères aussi sont sublimes. Parimala affirme que ce sont les plus beaux hommes du monde. Je garde une sympathie particulière pour la fragilité sensuelle et légèrement fatiguée des bengalis. Les rajpoutes ont un mélange de masculinité et de sophistication très réussi. Très grands, avec des pommettes saillantes, des yeux noirs brillants, des cils comme des parasols et des nez très dessinés, ils portent tous les mêmes boucles d'oreilles. Des fleurs en or et rubis à chacun des lobes. Ils colorent leurs ongles de différentes gammes de couleurs et sont habillés en blanc avec des turbans, allant du vert émeraude au orange, fushia, et jaune fluorescent. En suivant seulement des yeux la lenteur de leurs gestes, on se repose.
Jaisalmer était une importante étape sur la route de la soie et on n'a pas besoin de faire de grands efforts d'imagination pour se représenter ce que ça a été.
J'adore voir les chameaux s'agenouiller avant de se coucher devant les ordinateurs.
De retour à Jawahar Niwas Palace, après la sieste j'erre et déambule dans les escaliers et les couloirs vides et sous les clochetons comme un ghost du désert. Parimala qui est scientifique mais indienne dit que le temps rentre en boucle à Jaisalmer.
Des bises au coucher de soleil, je repondrai à vos delicieux commentaires demain, car je ne dispose que de quelques minutes pour poster cela ce soir... Bizz
Pascal