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L'INDE
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27 juin 2004

Un dimanche à Gangtok

Ces derniers jours, je ne sais pas à l'avance lorsque j'écris le blog, si je vais pouvoir l'expédier ou non. Ici grâce aux satellites les connections sont meilleures lorsqu'elles fonctionnent qu'à Darjeeling, mais je ne peux pas accéder à mon site. Surprise pour ce soir…

Donc, nous sommes à Gangtok et c'est dimanche.

Tout est toujours différent de ce qu'on imagine, mais le Sikkim est bien différent de ce que j'imaginais …par certains côtés seulement.

Bien que complètement perdu, perché dans l'Himalaya, avec une seule minuscule route pour s'y rendre… et des hélicoptères, c'est un petit état qui est complètement dans le XXI ème siècle. Les gens semblent avoir plus d'argent qu'ailleurs, et la mode oscille entre vêtements ethniques, chemises colorées, vestes en cuir et Nike dorées pour la jeunesse, tout comme l'ambiance sonore oscille entre musique techno et incantations tibétaines. Un peu dans l'esprit de mon image Gibraltar.

Par contre nous ne sommes plus en Inde du tout. La cuisine est devenu chinoise, on mange d'excellentes soupes au gingembre, raviolis à la vapeur, flans... mais comme nous l'a rappelé le serveur « la cuisine est la même, mais les gens sont différents » ; la Chine à 40 km étant le grand ennemi.

La présence du Tibet, de la Chine, des anglais, du Népal est non pas mélangée, mais visible en même temps partout.

Les gens parlent tellement doucement qu'on n'entend rien et sont trois fois plus calmes que la personne la plus calme que j'ai rencontrée jusqu'à présent.

La ville est construite complètement à la verticale à 140°.

Nous parlons avec les gens que nous rencontrons mais leur réserve extrêmement douce n'a rien à voir avec la chaleur émotionnelle des indiens.

De temps à autre on croise quelques indiens émigrés, et de voir leurs yeux qui pétillent, leurs sourires et leur façon de communiquer je me retrouve immédiatement en terrain familier, pleinement détendu et confiant. Encore une fois, cette familiarité avec les indiens ne signifie pas que je comprends tout ce qu'ils sont, j'en suis très loin, mais je suis surpris de voir à quel point je suis en harmonie avec leur façon d'être comme cela ne m'est jamais arrivé ailleurs.

Le fait de m'être un peu éloigné de leur compagnie après ces trois mois et de les voir hors contexte aiguise cette impression. Je crois que ce qui caractérise vraiment toute l'Inde, c'est que les indiens sont presque toujours sur le mode émotionnel, mais un émotionnel doux qui n'a rien d'hystérique. Et puis j'aime profondément leur façon de vivre le XXIème siècle hors de tout bon sens pratique.

Alexandra David-Neel qui a longuement vécu dans le Sikkim avait ce rapport naturel de proximité avec les sikkinais et les tibétains, mais disait ne pas l'avoir avec les indiens. D'autres l'ont avec les japonais, avec les togolais, ou les irlandais… c'est amusant le nombre de personnes qui trouvent leur milieu naturel dans une culture qui n'a rien de commun avec celle où ils sont nés. C'est intéressant.

Pour ce qui est des Sikkinais donc, je les regarde mais ne comprends pas grand chose. Je suis complètement ailleurs, mais cet ailleurs est d'une grande quiétude.

Ce matin nous sommes descendus faire le marché. Les familles descendent des montagnes, pour venir vendre leurs produits. Des céréales, des légumes inconnus, d'énormes racines de gingembre et d'autres poudres d'épice. Les costumes sont beaux.

Si il y a bien une chose que j'ai comprise, c'est que les femmes ici, ont bien peu de choses communes avec les femmes du reste du monde. Je ne sais pas ce qui fait la différence, mais visuellement, ça saute aux yeux tout de suite. Ce sont elles qui sont à la tête des affaires, et l'argent s'échange entre leur mains… Elles sont assises et ont des regards très singuliers.

Je n'ai jamais vu ça.

Elles ne sont pas masculines, bien qu'elles fument presque toutes, et ceci avec des gestes de western. Elles portent de belles robes et des bijoux en grande quantité et ont des visages doux et très francs à la fois. On sent qu'elles n'ont pas froid aux yeux et ne sont pas prêtes à minauder quoi qu'il arrive. C'est encore plus visible chez les vieilles femmes, assises comme des cow-boys, la cigarette à la bouche, et les yeux plissés d'un calme royal sous leurs bijoux.

Par contre le comportement des hommes ne semble pas si différent.

C'est la fin d'après-midi, et la brume descend des montagnes, nous allons passer un moment dans une Gompa et voir le Palais Royal au dessus de la maison. Le roi est absent, il est en méditation au Népal...  je vous fais une grosse bise sikkinaise,

Pascal

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Commentaires
G
paraît vraiment être la ville des contrastes. Très surprenant! Les femmes avec plein de bijoux et à la tête des affaires : ça me plaît bien. Amitiés. Guîta
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