Demain à cette heure-ci je décollerai pour
Demain à cette heure-ci je décollerai pour Bombay.
Depuis hier …après la signature chez Oxford j'ai mangé une pizza avec Hritik, puis sur le chemin du retour, je me suis arrêté tout seul dans une boîte de nuit l'Orient Express, pour y boire quelques whiskies, écouter la musique et voir la jeunesse branchée de Calcutta.
Je suis revenu à 1 heure dans les rues couvertes de corps endormis. A cette heure-ci le décor est un décor de science fiction comme j'en ai peu vu au cinéma. Les groupes de corps enchevêtrés, la masse sombre des immeubles gothiques détruits, les canalisations ouvertes avec l'eau qui jaillit, les chiens errants, les corbeaux, et les voitures des rickshaws sur le bord de la chaussée, les ambassadors avec les chauffeurs qui dorment sur le toit ou le capot… et quelques personnes qui jouent aux cartes ou lisent un journal autour d'un brasero… Je suis arrivé au Fairlawn, qui comme dit Parimala est like a boudoir in the desaster… Boudoir fatigué toutefois.
Aujourd'hui déjeuner avec le provençal directeur de l'Alliance Française. Je l'aime bien. Sa passion pour les livres de photos, les atlas… me le rend sympathique, sa décontraction latine quand il parle de l'Inde aussi. Revenu à pied jusqu'à Park Street je me suis arrêté dans le très romantique cimetière de Park Street. Le cimetière colonial de Calcutta, des pyramides et colonnes au milieu des palmiers.
Ils faisaient pas de vieux os les anglais en Inde. La plupart étaient emportés avant la trentaine, il y en a une Elisabeth Barwell qui a résisté aux maladies tropicales mais pas à sa passion pour les ananas ; sur sa tombe il est écrit qu'elle est morte d'avoir trop aimé les ananas…
J'ai descendu Park Street de haut en bas, le ciel est devenu noir, je me suis arrêté pour acheter deux disques de chansons de Tagore, des trombes d'eau se sont déversées sur Calcutta alors que j'arrivais à l'hôtel. La ville plongée dans le noir (panne d'électricité) j'ai écouté les chansons de Tagore sur mon lit à la bougie en buvant un thé chaud.
Ce soir je vais écouter un concert de Chopin à Oxford.
Je dis doucement au revoir à Calcutta.